Malgré des ajouts majeurs apportés par le CPT dans le projet de décret électoral, le Conseil électoral maintient la date du 30 août 2026 pour la tenue du premier tour des élections présidentiels et législatives.

Malgré des ajouts majeurs apportés par le CPT dans le projet de décret électoral, le Conseil électoral maintient la date du 30 août 2026 pour la tenue du premier tour des élections présidentiels et législatives. Le CEP a officiellement publié cette semaine le calendrier électoral mais fixe un ensemble de préalables à l’exécutif conditionnant l’organisation du scrutin…

Le Conseil électoral provisoire a officiellement publié le calendrier électoral. Le premier tour des élections présidentiels et législatives aura le 30 août 2026. Si le CEP a maintenu cette date, ce n’est pas faute du Conseil présidentiel d’avoir essayé de modifier le calendrier pour pouvoir garder une certaine emprise sur le scrutin. Les neuf membres du CPT devront participer aux élections comme de simples citoyens puisque leur mandat arrive à échéance le 7 février prochain.

Dans le calendrier électoral, le CEP prévoit les élections des collectivités territoriales lors du second tour des élections présidentielles et législatives soit le 6 décembre 2026. Le 7 janvier 2027, le pays connaîtra le nom du nouveau président de la République et les noms des élus au Sénat et à la Chambre des députés. 

Le Conseil électoral lancera la campagne électorale pour le premier tour du scrutin qui débutera le 19 mai pour prendre fin le 28 août 2026. Les résultats définitifs de ce premier tour des élections seront publiés le 3 octobre 2026, prévoit le calendrier électoral.

Mais avant tout ça, le CEP présente à l’exécutif les préalables qui conditionnent le respect du calendrier. « L’exécution du calendrier ci-joint est conditionnée par la réalisation des deux accomplissements suivants : 1- Climat sécuritaire acceptable. Pour organiser les élections sur tout le territoire, le Conseil électoral provisoire doit pouvoir accéder à toutes les communes et sections communales du pays et y opérer pendant toute la durée du processus. Plus précisément, se déplacer en toute sécurité et travailler jour et nuit partout dans les bureaux électoraux départementaux (BED), les Bureaux électoraux Communaux (BEC) et les centres de vote », détaille le l’institution électorale.

Le CEP a souligné qu’un total de 23 communes dont 12 dans le département de l’Ouest, 8 dans l’Artibonite, 3 dans le Centre et une dans le département du Nord-Ouest sont aujourd’hui sous le contrôle des bandits armés. « Dans certains cas (Croix-des-Bouquets, Gressier, Petite Rivière de l’Artibonite par exemple), l’État (Direction Générale des Impôts, Police Nationale d’Haïti etc.) est totalement absent. Le CEP ne peut donc pas installer et faire fonctionner un BEC dans des environnements aussi hostiles ni y mettre en place des postes d’inscription », précise le l’institution électorale. 

Cité Soleil et Carrefour, deux communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, sont aussi sont le contrôle totale des groupes criminels…

Le CEP a rappelé que les départements de l’Ouest et de l’Artibonite représentent 54% de l’électorat national. « Encore faut-il constater que la situation sécuritaire actuelle a des incidences majeures sur la logistique électorale. Un climat sécuritaire acceptable sous-entend, entre autres, la sécurité pour les conseillers électoraux et pour tout le personnel impliqué dans le processus, pour les différentes structures et infrastructure du CEP à travers le pays, pour les candidats et les candidates, pour les électeurs ; la sécurisation du transport des matériels sensibles et non-sensibles avant et après le jour du vote », exige le CEP.

Comme deuxième préalable à l’exécution du calendrier électoral, le CEP évoque la disponibilité des moyens financiers.

« Le budget est un pilier important du processus électoral, souligne le CEP. Organiser des élections en Haïti implique de gérer simultanément de multiples urgences qui requièrent des actions rapides dans toutes les régions du pays. L’accès à des moyens financiers au quotidien augmente l’efficacité du CEP dans la conduite du processus électoral. Le respect des délais convenus dans le calendrier nécessite la connaissance et l’allègement des procédures de décaissement. »

L’institution électorale doit disposer de ses propres moyens financiers pour gérer certaines activités et les imprévus susceptibles de se présenter lors de l’exécution du calendrier électoral.