Éditorial

Haïti n’a pas besoin de plus de candidats. Haïti a besoin de vrais leaders. 

Ces derniers temps, un mot revient sans cesse sur nos ondes, à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans les conversations de rue comme dans les salons feutrés : élections. Tout le monde veut être candidat. Tout le monde se voit déjà président. Mais une question essentielle demeure, trop souvent évitée, trop rarement posée avec sérieux : quelles sont réellement les qualités requises pour être président de la République d’Haïti ? 

Haïti ne renaîtra que par la volonté de ses propres enfants 

Il est temps de dire les choses avec clarté, avec force, avec cette franchise qui, parfois, dérange mais libère : nous ne pouvons plus nous réfugier derrière l’idée confortable que nos malheurs viennent uniquement de l’étranger. Oui, l’histoire nous a meurtris. Oui, les ingérences ont laissé des cicatrices. Mais un peuple qui choisit de ne regarder que ses blessures finissent par oublier qu’il a aussi des mains pour bâtir, une voix pour décider, une âme pour se relever. Ce discours victimaire, ressassé sans fin, nous enchaîne davantage que les épreuves elles-mêmes. Il est temps d’y mettre un terme. 

Continuer d’essayer, malgré tout 

Il arrive un moment, dans la vie privée comme dans la vie publique, où l’on se heurte à une réalité simple : on ne peut pas convaincre tout le monde. On ne peut pas obliger les autres à être exigeants envers eux-mêmes, à se dépasser, à entreprendre les réformes indispensables. Et lorsque nos efforts échouent, nous avons parfois tendance à nous sentir coupables, comme si l’absence de changement chez les autres était notre responsabilité. 

Haïti : le pays s’effondre, et ceux qui devraient agir regardent ailleurs 

Haïti étouffe. Haïti agonise. Et pendant que la Nation s’effondre, ceux qui ont le devoir d’agir — dirigeants, opposants, élites, institutions — se contentent d’observer. Certains en souriant. D’autres en calculant. Trop peu en s’indignant. 

Vertières : la victoire que le monde a voulu oublier, la leçon que la jeunesse haïtienne doit réapprendre 

En novembre 1803, sur les hauteurs détrempées de Vertières, se joua l’un des épisodes les plus saisissants et les plus décisifs de l’histoire universelle. En quelques heures d’un affrontement d’une intensité rare, l’armée indigène — composée d’anciens esclaves, de marrons, de cultivateurs, de chefs aguerris par treize années de lutte — infligea à l’armée napoléonienne l’une de ses plus humiliante défaites.

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