Elections

Haïti : le scrutin du 13 décembre s’effondre, le processus électoral replongé dans l’incertitude

Le calendrier électoral haïtien vient de voler en éclats. À un peu plus de deux mois du scrutin annoncé, le Conseil électoral provisoire (CEP) a confirmé le report des prochaines étapes du processus, rendant désormais impossible la tenue des élections prévues le 13 décembre 2026. La décision intervient au lendemain de l’adoption, en Conseil des ministres, de modifications au décret électoral. Mais au moment où le CEP annonce ce bouleversement, le texte intégral du décret modificatif adopté le 5 octobre n’est toujours pas publiquement accessible. C’est cette double réalité, un calendrier devenu caduc et un texte juridique encore introuvable, qui place le processus électoral haïtien dans une nouvelle zone d’incertitude.

Haïti : l’Église catholique lance un avertissement sévère sur la sécurité, la gouvernance et les élections

« Descente aux enfers », « gouvernance défaillante », « manque flagrant de leadership » : dans un message d’une rare sévérité publié à l’issue de son Assemblée plénière, la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) dresse un constat alarmant de la situation du pays et avertit qu’organiser des élections sans sécurité, neutralité des institutions et consensus risque de provoquer de nouvelles crises plutôt que de ramener la stabilité.

Haïti : le 13 décembre à l’épreuve des faits, GSF complète fin 2026-début 2027, décret électoral encore en révision

À moins de trois mois du scrutin, la force anti-gangs reste incomplète, le décret électoral doit encore changer et l’inscription des électeurs demeure limitée. Washington rappelle qu’aucune élection n’est parfaite. Mais en Haïti, la véritable question est désormais de savoir quel niveau d’insécurité, d’exclusion électorale et de dysfonctionnement peut être toléré sans compromettre la crédibilité , et donc la légitimité du pouvoir qui sortira des urnes.

Haïti : à l’ONU, la communauté internationale presse le déploiement de la GSF et lie sécurité, élections et reconstruction (Vidéo)

Réunie ce jeudi au niveau ministériel à New York, en marge des travaux des Nations unies, la communauté internationale a affiché un rare consensus sur Haïti : la Gang Suppression Force (GSF) doit désormais passer rapidement de la phase de constitution à une capacité opérationnelle suffisante sur le terrain, tandis que chaque territoire repris aux groupes armés devra être immédiatement accompagné d’un retour de l’État, de la justice, des services publics et de l’activité économique. Au cours de la réunion ministérielle du Groupe consultatif ad hoc de l’ECOSOC sur Haïti, plusieurs délégations ont également établi un lien direct entre l’amélioration de la sécurité et la possibilité d’organiser les élections dont le premier tour reste officiellement fixé au 13 décembre 2026.

Élections en Haïti : le secteur privé réclame un calendrier « réaliste et définitif » et met en garde contre un scrutin de pure...

Plusieurs organisations majeures du secteur privé haïtien appellent les autorités électorales à dépasser la logique du calendrier pour procéder à une évaluation « profonde, technique et financière » de l’état réel du processus électoral, estimant que le retour à l’ordre constitutionnel ne peut se faire au prix d’élections dépourvues de crédibilité.

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