Elections

Haïti : à trois mois du scrutin, un processus électoral toujours en quête de stabilité

À trois mois du vote, la question n'est donc plus seulement de savoir si une date électorale existe. Elle est de savoir si, d'ici au 13 décembre, Haïti pourra faire converger quatre éléments qui ont jusqu'ici progressé à des rythmes différents : un cadre juridique stabilisé, un corps électoral suffisamment constitué et localisé, une infrastructure de vote effectivement opérationnelle et un niveau de sécurité permettant aux électeurs de se rendre aux urnes. Après dix ans sans élections nationales, c'est désormais sur cette convergence, et non sur le seul maintien d'une date dans le calendrier, que se jouera la crédibilité du processus électoral haïtien.

Haïti : Peterson Pierre-Louis prend la présidence du Conseil électoral provisoire à un moment critique du processus électoral

Le Conseil électoral provisoire (CEP) haïtien a procédé à une recomposition de son bureau exécutif, portant Peterson Pierre-Louis à la présidence de l’institution en remplacement de Jacques Desrosiers, alors que le pays est engagé dans une phase particulièrement sensible de la préparation des prochaines élections. Le changement intervient à un moment déterminant pour l’institution électorale, confrontée simultanément à la mise en œuvre d’un calendrier resserré, à l’enregistrement des électeurs et des candidats, aux contraintes sécuritaires persistantes et aux interrogations entourant la capacité opérationnelle du pays à organiser un scrutin sur l’ensemble du territoire.

En Haïti, les autorités impuissantes à endiguer la violence des gangs à l’approche des élections 

Plus de 3 000 personnes ont été tuées durant les six premiers mois de l’année, malgré le déploiement progressif d’une nouvelle force multinationale. Les exactions des groupes criminels font planer le doute sur la tenue, en décembre, des élections présidentielle et législatives, les premières organisées dans le pays depuis dix ans.

L’ONI dévoile les coulisses de l’enregistrement des 30 000 membres des organisations politiques

Reynold Guerrier a souligné que, dans le processus d’inscription des adhérents en cours, au 4 septembre, 8 020 346 membres soumis ont été rejetés en raison de la non-concordance des données. Selon M. Guerrier, dans ces cas, le numéro d’identification nationale unique (NINU) ne correspond pas au nom ou au sexe de la personne. Il a indiqué que 3 089 408 des données soumises faisaient état de doublons et ont, à ce titre, été rejetées par le système. De plus, le directeur général de l’ONI a révélé que 2 489 689 membres adhérents ont été rejetés parce que les NINU soumis étaient incorrects. « Les structures politiques ont tenté de créer des NINU »

Haïti : l’OEA place l’intégrité des candidatures au cœur du processus électoral

« Toute préoccupation concernant l’éligibilité d’un candidat ou ses liens potentiels avec des activités illicites doit être traitée de manière transparente et conformément au droit haïtien ainsi qu’aux normes et bonnes pratiques électorales internationales », a déclaré Albert Ramdin. Le secrétaire général a ensuite annoncé que l’OEA entendait se rapprocher de la Commission de Venise, l’organe consultatif du Conseil de l’Europe spécialisé dans les questions constitutionnelles, l’État de droit et les standards électoraux, afin d’obtenir des éléments supplémentaires sur les mécanismes permettant de traiter ce type de problématique dans le cadre d’une élection « crédible et légitime ».

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