Car à quatre mois du scrutin, la grande question est désormais moins de savoir si les Haïtiens de l’étranger ont le droit de voter que de savoir où, comment, avec quelle carte, dans quels bureaux, avec quel personnel, selon quelles listes et avec quel budget.
Une analyse indépendante récemment transmise à Zile News arrive à une conclusion particulièrement sévère : le vote présidentiel de la diaspora dispose d'une base juridique, mais n'est toujours pas juridiquement complet ni matériellement opérationnel.
Et pour la diaspora, le paradoxe est particulièrement cruel : on lui a enfin promis le droit de voter. Reste maintenant à lui expliquer où trouver l'urne.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié mercredi la liste définitive des regroupements politiques agréés en vue des prochaines compétitions électorales. Selon une note de presse référencée CEP/DC/041-2526, dix-sept (17) regroupements politiques, réunissant au total 228 partis politiques, ont reçu un avis favorable de l’institution électorale.
À quatre mois du scrutin, le rythme des inscriptions sera l'un des premiers indicateurs permettant d'évaluer la capacité du processus à mobiliser la population.
Entre le calendrier institutionnel et la réalité du terrain, une question commence donc à se poser : les électeurs haïtiens répondront-ils suffisamment nombreux à l'appel aux inscriptions ?
La réponse se dessinera progressivement au cours des prochaines semaines.
À quatre mois du premier tour des élections présidentielle et législatives, fixé au 13 décembre, le dispositif électoral haïtien reste inégalement déployé sur le territoire. Selon des données attribuées au Conseil électoral provisoire (CEP), 11 061 bureaux de vote sont actuellement installés sur une capacité théorique de 16 243, soit un taux d'occupation d'environ 68,1 %.
Le pays compte théoriquement 1 400 Centres d'inscription et de vote (CIV), répartis dans les onze départements et 137 communes. Mais l'existence administrative de ces centres ne dit rien, à elle seule, de leur niveau réel de préparation : selon les mêmes données, 105 CIV ne disposent à ce jour d'aucun bureau de vote installé.
Avec cinq groupements dirigés par des femmes parmi les 15 agréés à ce stade, le processus électoral offre un premier signal positif. Il reste maintenant à voir si cette présence se traduira par une progression significative du nombre de femmes candidates et élues.